Un article corédigé par Pierre Lagarde (Microsoft), Olivier Sudan et Jean-Charles Matamoros (AVOB).

 

En généralisant massivement le télétravail (2 fois plus de temps en meeting, 40 milliards de mails de plus sur le mois de Février par rapport à l’an passé. Source : Microsoft¹), la crise sanitaire a non seulement transformé nos modes de travail et d’interaction au sein des équipes mais également massifié l’utilisation des appareils et solutions informatiques.

Alors, quels sont les impacts sur l’environnement de ces évolutions ? Quelles sont les conséquences pour un développeur ou un responsable IT en termes de consommation énergétique ?

Les premiers chiffres remontés des analyses de vente de matériels montrent une très forte croissance en 2020 concernant les PC portables et les écrans externes. Les entreprises et les foyers se sont équipés massivement afin que toute la famille puisse travailler et étudier à distance. Ainsi, on est en train de passer de 1 PC par famille à 1 PC par membre de la famille. Selon IDC², les ventes de PC continuent de progresser : les livraisons du quatrième trimestre 2020 ont augmenté de 26,1 % par rapport à l’année précédente.

Les organisations publiques et privées ont également équipé en volume leurs collaborateurs de PC portables, et aussi dans une grande proportion, d’écrans externes pour favoriser le confort de travail.

En parallèle de cet équipement, les comportements ont également évolué :

    • Garder le PC de son lieu de travail allumé en permanence afin de pouvoir y accéder à distance grâce à un VPN ou du “Remote desktop”.

    • Les ordinateurs à la maison sont constamment branchés sur le secteur sans mise en veille automatique.

    • Utilisation du partage de connexion 4G parfois plus rapide que sa connexion internet au domicile

Face à ces changements de comportement, je vous propose d’explorer deux solutions dans cet article.

1. En tant que développeur/power user, comment pouvons-nous changer notre comportement ?

Par exemple, avoir le sentiment que la batterie de son portable ne tient plus aussi longtemps qu’avant ne veut pas forcément dire qu’il faut la changer. Mais simplement regarder si une application n’est pas en train de prendre toutes les ressources. Pour se faire, on peut mesurer la consommation par application⁶. L’autre idée est de mesurer la capacité effective de la batterie et son historique.

On peut interroger la batterie en ligne de commande : powercfg.exe /batteryreport output battery.xml /XML

Interroger la batterie in ligne de commande : powercfg.exe /batteryreport output battery.xml /XML

 

Le fichier XML nous montre la capacité effective de la batterie et son historique. Ici, je vois que la capacité aujourd’hui est de 80254. Lors de ma première utilisation, elle avait une capacité de 84019 mais vendue pour 82000.

 

Fichier XML capacité effective et historique de la batterie.

 

2. En tant que responsable d’un parc informatique, comment puis-je aider mes utilisateurs ?

La question mérite avant tout d’être posée : les responsables IT doivent-ils mesurer la consommation des collaborateurs quand ces derniers sont en télétravail ? Pour répondre à cette question, je vous propose de revenir sur la définition des scopes 1, 2 et 3.

Voir le rapport 2020 sur la durabilité environnementale de Microsoft⁷.

  • Scope 1 : émissions directes créées par vos activités, provenant d’installations fixes ou mobiles. Il peut s’agir des gaz d’échappement provenant des véhicules de votre organisation, du gaz naturel consommé directement par vos bâtiments ou des générateurs que vous pouvez faire fonctionner.

  • Scope 2 : émissions indirectes provenant de la production de l’électricité ou de la chaleur que vous utilisez. Ce type d’émission provient des sources d’énergie traditionnelles qui alimentent vos immeubles de bureaux ou votre maison.

  • Scope 3 : émissions indirectes provenant de toutes les autres activités auxquelles vous participez. Ces sources d’émissions peuvent être étendues. Elles couvrent toutes les parties de votre chaîne d’approvisionnement, depuis les matériaux des bâtiments, le déplacement de vos salariés et le cycle de vie des produits jusqu’à l’électricité consommée par vos clients.

Le télétravail est bien dans le Scope 2 et doit être piloté par les responsables IT. La première action est donc de mesurer le « parc étendu ».

Suite à une récente étude, une majorité des organisations n’a aucun outil de mesure des consommations de son parc IT :

Baromètre des pratiques Green IT 2020

Source : AGIT, Baromètre des pratiques GreenIT2020⁸ (Page 58 FR)

J’ai eu la chance ces derniers mois de travailler avec AVOB⁹, un éditeur Français qui propose une solution d’optimisation énergétique des parcs informatiques. Cette solution permet de :

  • Mesurer précisément la consommation de tous les postes, au bureau comme à distance, y compris les postes non managés comme les postes distribués à des étudiants et n’étant pas dans un domaine. (Voir l’article dédié aux ordinateurs publics : comment gérer l’après déploiement ?¹⁰).

  • Mettre en place des mécanismes automatiques d’optimisation des consommations.

  • Obtenir un inventaire détaillé des ordinateurs et des écrans externes, avec leurs performances et leurs consommations précises.

Téléchargez la documentation de la solution AVOB : MY IT Manager.

Sous Windows, l’API WMI permet de requêter la liste des écrans connectés

Résultat :

  • Optimiser l’utilisation et la durée de vie des batteries des portables
  • Bénéficier de tableaux de bord et de rapport détaillés

 

Usage time VS On time - Desktop

 

Courbe du potentiel d'économie journalier

 

Les résultats consolidés aujourd’hui avec la solution AVOB montrent qu’on peut atteindre jusqu’à 50% d’économie d’énergie avec une augmentation de la durabilité des équipements de 20% ainsi qu’une amélioration de la performance des ordinateurs de 15% à 20%.

 

économies annuelles pour un réseau de 4000 PCs

 

La gestion d’un parc informatique, si on y inclut les ordinateurs, les serveurs et les objets connectés, peut représenter une consommation électrique significative. C’est donc aussi une opportunité pour permettre d’améliorer la gestion du réseau électrique, notamment grâce à des mécanismes d’effacement.

Il existe des standards d’échange entre les différentes parties prenantes du réseau électrique. Nous citerons ici OpenADR¹¹ qui a été créé pour normaliser, automatiser et simplifier la Demand Response (DR) et les Distributed Energy Resources (DER).

Par exemple, passer les ordinateurs de bureau sur batterie ou en veille ou bien mettre en pause des programmes non essentiels sur les serveurs.

Dans mon article précédent sur l’application de CSN Energy ; We need a Yuka for electricity to ease the energy transition¹², je disais dans ma conclusion que la transition vers l’électricité verte passerait par 40 à 60 Gigawatt d’électricité contrôlable.

Les solutions d’AVOB ont fait le choix de supporter ce protocole et de facilement le déployer.¹³

Par exemple :

  • Sur un parc de 100 000 PC, de 13h à 14h, nous estimons que 60% du parc est allumé, soit 60 000 PC.

  • Sur ces 60 000 PC, seulement 15% sont réellement utilisés, en raison de la pause déjeuner.

  • Ces PC ont une puissance moyenne de 40W.

  • Un ordre d’effacement de ces PC permettrait d’effacer 40 W x 51000 = 2 040 000 W, soit un peu plus de 2 MW.

L’implémentation du protocole OpenADR d’AVOB est disponible en open source ici¹⁴.

Les Alliances de type OpenADR permettront d’aller sur des Smart Grids et d’étendre le scénario industriel à l’IT et donc de venir contribuer au dernier rapport de RTE sur cette transition¹⁵ pour atteindre les 60 Gigawatt.

Voir la version anglaise de l’article sur le blog Microsoft.

 

Découvrez les cas clients de la solution AVOB : My IT Manager

Téléchargement Cas Client MITM

 

Sources :