Ce lundi 18 mai, le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, entend vouloir faire de la France la “première économie décarbonée de la planète”. Dans la semaine du 4 mai, 200 artistes et scientifiques, 92 dirigeants d’entreprises ont milité pour une relance verte. Mais concrètement, que sait-on des engagements sur la transition écologique ? 

 

Une priorité pour les bâtiments ?

Une nouvelle réglementation thermique va être mise en application au 1er janvier 2021, faisant suite à la norme RT2012. Il s’agit de la norme RE2020, qui traduit la volonté qu’a le gouvernement d’inciter à la construction de bâtiments plus écologiques.
En effet, cette réglementation imposera notamment aux nouvelles constructions de consommer moins, ou autant d’énergie qu’elles n’en produisent. C’est pourquoi l’isolation et le système de chauffage seront passés au crible.
Mais ce n’est pas tout, le label E+ C-, pour énergie positive et réduction carbone, permettra de mieux prendre en compte l’empreinte carbone des bâtiments. Comment ? En intégrant au calcul de cette dernière l’intégralité des émissions produites par le bâtiment, pendant, et après sa vie. 

 

Un plan de soutien spécifique à l’automobile et l’aéronautique

À première vue, il semble étrange de relancer des secteurs réputés très polluants pour réduire l’impact écologique de notre économie. Et pourtant, Bruno Lemaire présentera, à la rentrée, un plan de relance accordant un soutien spécifique à ces secteurs. L’idée est simple : relancer ces entreprises en échange d’un engagement environnemental.

 

Allier relance économique et transition écologique : un trop grand défi ?

Officiellement, la plupart des dirigeants de grandes entreprises sont enthousiastes à l’idée d’une relance verte. Mais plusieurs acteurs sont alarmistes. Certains, comme le MEDEF, réclament “pause” dans les engagements pour la transition écologique. D’autres, comme Marc Mortureux, Directeur général de Plateforme, filière automobile et mobilités, sont également sceptiques : “Tous se sont lancés dans cette transition, mais avec la récession, ils ne pourront pas réussir sans l’aide du gouvernement”. En cause, l’inquiétude de voir les constructeurs automobiles affaiblis par d’importantes amendes de la Commission européenne si leurs véhicules ne deviennent pas plus propres. Seul l’avenir semble pouvoir nous dire si ce défi est à notre portée.